Dans le cadre du projet Menya Ukire, DUSHIREHAMWE a renforcé les capacités des membres des réseaux communautaires et des points focaux dans six communes des provinces Burunga et Gitega. Ces formations leur ont permis d’acquérir des connaissances et des outils pour sensibiliser leurs communautés sur la justice transitionnelle, les traumatismes historiques, la santé mentale, le soutien psychosocial et la cohésion sociale.

par | Sep 7, 2026

Du 14 au 23 Août 2026, dans les provinces de Burunga et Gitega, DUSHIREHAMWE renforce les acteurs communautaires pour une paix durable.

Dans les communautés burundaises marquées par les conséquences des crises du passé, les blessures peuvent continuer à influencer les relations sociales et la transmission de la mémoire entre les générations. Aborder ces questions de manière constructive nécessite des acteurs communautaires capables d’ouvrir le dialogue, de transmettre des messages cohérents et d’orienter les personnes qui ont besoin d’un accompagnement spécialisé.

C’est dans cette perspective que DUSHIREHAMWE a organisé, dans le cadre du projet Menya Ukire, une série de formations sur les techniques et stratégies de conduite des séances de sensibilisation communautaire.

Les formations se sont déroulées du 14 au 16 juillet 2026 dans les communes de Rutana, Bukemba et Mpinga-Kayove, puis du 21 au 23 juillet 2026 dans les communes de Bukirasazi, Itaba et Giheta, en province de Gitega.

Des acteurs communautaires au cœur de la sensibilisation

L’objectif de ces formations était de renforcer les compétences des membres des réseaux communautaires et des points focaux afin qu’ils puissent préparer et conduire des séances de sensibilisation participatives sur les différentes thématiques du projet Menya Ukire.

À Gitega, les formations ont notamment réuni des membres des réseaux communautaires, des points focaux de DUSHIREHAMWE, des représentants de l’administration communale, l’équipe technique de DUSHIREHAMWE ainsi qu’un psychologue de THARS. Cette diversité a favorisé les échanges entre les différents acteurs engagés dans la cohésion sociale et la consolidation de la paix au niveau local.

Les mêmes formations à Rutana, Bukemba et Mpinga-Kayove ont également associé les réseaux communautaires, les points focaux, l’administration communale, l’équipe de DUSHIREHAMWE et un psychologue de THARS.

Comprendre le passé pour mieux construire l’avenir

Au cours des différentes sessions, les participants ont été sensibilisés sur les notions fondamentales de justice transitionnelle, aux traumatismes historiques, à la santé mentale et au soutien psychosocial, ainsi qu’aux techniques de conduite des séances de sensibilisation communautaire.

À Gitega, les participants ont approfondi leurs compréhensions sur les quatre piliers de la justice transitionnelle : la vérité, la justice, la réparation et les garanties de non-répétition. Les échanges ont également porté sur les conséquences des traumatismes historiques et sur les mécanismes pouvant contribuer à la reconstruction du tissu social et au rétablissement de la confiance.

À Rutana, les échanges ont particulièrement mis en évidence la persistance des blessures liées aux crises passées. Plusieurs participants ont partagé des expériences personnelles et communautaires illustrant les conséquences de ces traumatismes sur les familles et les générations suivantes.

Une participante à Rutana a notamment témoigné des pertes subies pendant la guerre et a exprimé l’espoir que les initiatives de justice transitionnelle puissent offrir des espaces de reconnaissance et de demande de pardon. Un jeune participant a également évoqué les conséquences d’un traumatisme vécu par sa mère après la mort violente de son père.

À Bukemba et Mpinga-Kayove, les discussions ont également fait ressortir des exemples de transmission négative du passé au sein des familles et des communautés, notamment dans les relations entre personnes issues de différentes communautés.

La santé mentale, une dimension essentielle

Les formations ont également accordé une place importante à la santé mentale et au soutien psychosocial (SMSPS).

À Gitega, l’intervention du psychologue de THARS a permis aux participants de mieux comprendre les conséquences psychologiques des traumatismes historiques, les signes de détresse psychosociale, les mécanismes de résilience communautaire ainsi que l’importance de l’écoute active et de l’orientation des personnes vulnérables vers les services spécialisés.

Les échanges ont également permis de faire évoluer certaines perceptions. Plusieurs participants ont compris que les traumatismes historiques ne concernent pas uniquement les individus ou les familles, mais peuvent également affecter les communautés, les relations sociales et la transmission de la mémoire entre générations.

Cette approche intégrée constitue l’un des éléments importants du projet Menya Ukire, qui associe santé mentale, transmission constructive de la mémoire et cohésion sociale.

Des résultats visibles dans les deux provinces

L’un des indicateurs importants de l’efficacité des formations reste l’évolution des connaissances entre le pré-test et le post-test. Les résultats montrent une amélioration significative des connaissances dans les six communes concernées et témoignent de l’efficacité de l’approche participative utilisée durant les formations.

Apprendre en participant

Dans les deux provinces, les facilitateurs ont privilégié une méthodologie participative basée sur les discussions guidées, les échanges d’expériences, les travaux de groupe, les études de cas, les jeux de rôle et les exercices pratiques.

Cette approche a permis aux participants de ne pas être de simples bénéficiaires de connaissances, mais de confronter les notions apprises aux réalités qu’ils rencontrent dans leurs communautés.
À Gitega, les participants ont notamment exprimé leur volonté de mettre rapidement en pratique les acquis de la formation dans leurs collines. Ils se sont dits mieux préparés à organiser des séances de sensibilisation, à expliquer des concepts complexes de manière accessible et à répondre aux préoccupations des membres de leurs communautés.

À Rutana, la formation a également permis de renforcer les capacités d’animation et de clarifier les rôles des réseaux communautaires. Ceux-ci sont appelés à sensibiliser, orienter les personnes vulnérables vers les structures compétentes et contribuer à créer un environnement favorable au dialogue et à la cohésion sociale.

Vers des messages communautaires harmonisés

Un autre acquis important de ces formations est l’harmonisation des messages qui seront transmis dans les différentes communautés.

Les participants disposent désormais d’une compréhension commune des principales thématiques du projet et de méthodes de sensibilisation adaptées. Cette harmonisation doit permettre de garantir une diffusion cohérente des informations et de limiter les risques de messages contradictoires ou susceptibles d’alimenter les tensions.
Les membres des réseaux communautaires sont ainsi mieux préparés à jouer leur rôle de relais entre le projet et les communautés.

Des acquis à consolider

Ces avancées ouvrent également la voie à la poursuite des efforts d’accompagnement, afin de renforcer durablement les compétences acquises et leur impact au sein des communautés.

À Rutana, il a notamment été recommandé d’organiser des séances de coaching et de suivi, ainsi que des formations de recyclage pour consolider les acquis et accompagner les premières activités de sensibilisation.

À Gitega, les mêmes besoins ont été relevés, avec une recommandation particulière en faveur d’un mécanisme de suivi post-formation et d’un coaching de proximité. Le rapport souligne également l’importance d’adapter les méthodes d’animation au profil des publics et de privilégier les approches participatives.

Une contribution à la cohésion sociale et à la paix

Mis en œuvre par Impunity Watch en consortium avec ses partenaires, le projet Menya Ukire, cofinancé par l’Union européenne, vise à renforcer la cohésion sociale et à consolider la paix au sein des communautés touchées par les crises du passé. DUSHIREHAMWE met en œuvre des actions communautaires dans les provinces de Gitega et Burunga.

Les formations organisées dans les deux provinces constituent ainsi une étape importante dans le renforcement des capacités de la société civile et des acteurs communautaires. Elles leur donnent des outils pour aborder les blessures du passé de manière plus constructive, favoriser le dialogue et contribuer à une meilleure cohésion au sein de leurs communautés.

De Burunga à Gitega, les acquis de ces formations montrent que renforcer les capacités des acteurs communautaires, c’est aussi leur donner les moyens de devenir des relais de dialogue, de compréhension et de paix au sein de leurs communautés.

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