Une année de bilan très positif quant au processus CSLPII

Le CSLPII contrairement au CSLPI marque des avancées en matière d’égalité des genres et intègre les priorités de la paix sur lesquelles les femmes avaient exprimé des attentes lors de l’élaboration de ce dernier.

Selon Joséphine NTAHOMVUKIYE, Représentante Légale de l’association DUSHIREHAMWE, le CSLPII tient particulièrement compte de 18 priorités présentées par les femmes et les différents engagements et orientations du gouvernement soulignent la nécessité de bannir les inégalités liées à la culture et au non accès équitable aux facteurs de production notamment :

– …« en créant des conditions favorables à un meilleur accès aux ressources et à un meilleur contrôle de ces ressources, à une meilleure contribution des femmes au développement socio-économique du pays et au renforcement de leurs capacités pour qu’elles profitent davantage des retombées du développement ;

– … « en promouvant l’accès équitable aux facteurs de production et en renforçant les capacités des femmes pour un meilleur rendement de leurs activités.

-… « une attention particulière sera accordée à la promotion et au financement de l’entreprenariat féminin. Pour atteindre cet objectif, les mesures envisagées concernent la formation, les services d’appui, la réforme des textes légaux permettant aux femmes burundaises d’avoir accès aux biens familiaux pour constituer des garanties… »

Les femmes fières d’avoir contribué à l’élaboration d’une politique de développement .GAKOBWA Imelde, membre de Dushirehamwe en commune GASORWE s’exprime: « Je ne savais pas que nos priorités pouvaient être celles du gouvernement ! Il sera donc normal d’en tenir compte dans le développement d’initiatives locales lors de la mise en œuvre du CSLPII…

Je viens d’expérimenter une approche participative qui valorise ma contribution et celle des groupes de femmes à la base. Pourquoi ne pas la pérenniser à travers la participation aux autres consultations sur différentes questions de développement local ! » La mise en œuvre du CSLPII engage les femmes à tous les niveaux : L’intégration des priorités des femmes dans le CSLPII, est une avancée significative de la contribution des femmes dans le développement. Sa mise en œuvre demande l’apport de tout un chacun. Les femmes doivent s’engager résolument dans le suivi de la mise en œuvre pour que leurs priorités soient tenues en considération et plaider pour que des moyens soient planifiés à cette fin. Le suivi doit être participatif au niveau des communautés à travers la participation des femmes des CCDC (Comités Communaux de Développement Communautaires) et des CPDC (Comités Provinciaux de Développement Communautaires), ainsi que les représentants des associations de femmes, des jeunes et groupes affectés par les conflits. Il s’agira de bâtir une passerelle entre la programmation nationale et la programmation locale. Les débats tiendront compte du financement des actions prioritaires par rapport au budget communal et la mobilisation des ressources additionnelles auprès des partenaires au développement, des ONG, de la société civile et du secteur privé. Nous avons la volonté de faire le suivi de la mise en œuvre du CSLPII, il nous faut un cadre et des moyens. Madame Spès NIYONKURU, membre de l’association Dushirehamwe en commune de Rutana, témoigne sur les attentes de la mise en œuvre du CSLPII. « Je continuerai à participer dans les réunions communales, à solliciter des informations sur l’état des lieux du développement et je chercherai à connaître tous les projets qui sont financés, comment et par qui et je veillerai à ce que ces projets soient réalisés en tenant compte de la dimension genre. » L’administration doit tenir la population en général et les femmes en particulier informés du calendrier des différentes réunions des Conseils Communaux, les réunions d’identification des besoins et de validation du budget communal. Selon elle, les femmes doivent rester connectées à la planification locale notamment aux différentes réunions consultatives d’actualisation des PCDC pour que les priorités des femmes soient intégrées dans ces derniers. La transparence et la redevabilité doivent guider la mise en œuvre du CSLPII à travers le processus d’élaboration des plans communaux de développement communautaire (PCDC de 2013 à 2018) .Pour cela, les femmes doivent développer des canaux d’information entre les décideurs, les planificateurs, les élus, les organisations féminines et les groupements de base. Il faut également un renforcement des capacités à l’endroit de ces femmes pour qu’elles contribuent et des moyens pour qu’elles soient opérationnelles dans la mise en œuvre du CSLPII.

 

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