L’autonomisation des femmes, véhicule de la paix

Voilà trois ans certains partenaires techniques et financiers ont réduit ou suspendu les appuis destinés au Burundi suite à la situation socio-politique du pays. Cette décision qui se répercute notamment sur les programmes et projets visant la croissance économique et la lutte contre la pauvreté dans le pays en général et sur la femme en particulier.
La pauvreté reste une des grandes préoccupations du pays. Le gel de la coopération par les bailleurs traditionnels affecte particulièrement les femmes qui sont plus pauvres que les hommes, moins considérées au niveau social et discriminées dans les sphères publiques. Bien qu’elles soient plus travailleuses à plus de 90%, jouant un rôle primordial dans l’économie familiale, leurs efforts ne sont pas récompensés, elles restent assujetties au niveau socio-économique. L’on assiste encore à des stéréotypes qui les discriminent malgré quelques progrès enregistrés à certains niveaux.

Bon nombre de femmes burundaises manquent de perspective

De façon globale, la pauvreté des femmes est directement liée au manque de perspectives et d’autonomie économique, du fait qu’elles n’ont accès ni aux facteurs de production ni aux ressources économiques comme la propriété foncière et le crédit. Les femmes burundaises n’ont pas le droit à l’héritage. L’accès aux services d’appui, au revenu, leur participation à la prise de décisions est faible.
Le faible accès des femmes burundaises à l’école et au savoir les oriente à 60% dans le domaine agricole mais elles ne sont pas gestionnaires des revenus agricoles. Le taux d’analphabétisme des femmes adultes était de 60,2% en 2015 et de 50,2% chez les jeunes femmes (Knoema.com). « Leur pouvoir est limité. Comment peuvent-t-elles influer sur les décisions familiales, communautaires et au niveau national si elles ne savent pas, si elles n’accèdent pas aux services, aux ressources et aux postes de décision ?

WhatsApp Image 2018-08-02 at 13.31.40L’autonomisation est l’une des stratégies de consolidation de la paix. A côté des actions menées par le gouvernement, le réseau des femmes actrices de paix et de dialogue « ABAKANGURIRAMAHORO » constitué de plus de 15000 membres et provenant de plus 220 associations et groupement à base communautaire, agit pour que les femmes soient autonomes et capables d’organiser leur vie en vue de subvenir à leur besoin. Le volet autonomisation est axé sur la création des groupements à travers une approche financière et inclusive. Aujourd’hui, plus de 2/3 des collines du pays ont des groupements d’épargne et de crédit.
C’est autour de ces groupements que les femmes ont l’occasion d’être informé et formées sur différents thèmes. Egalement elles ont l’opportunité d’échanger sur le contexte qui prévaut dans les différentes collines de provenances. Ainsi elles trouvent ensemble des solutions pour asseoir la paix et la cohésion sociale. De cette façon, ces femmes regroupées autour des groupements deviennent des catalyseurs de la paix.

%d blogueurs aiment cette page :