DÉCLARATION DES FEMMES SUR LA PÉRIODE PRE-ÉLECTORALE

Nous, parents et éducatrices, qui suivons de près la situation du pays, sommes inquiètes et pour des raisons suivantes :

Sur le plan social :

  • Nous sommes préoccupées par la détérioration de l’éducation dans les écoles, caractérisée souvent par la débauche, parfois entretenue par certains éducateurs sans foi ni loi, des actes qui passent sous silence alors qu’ils devraient être réprimés ;
  • Nous déplorons la situation de certaines écoles qui sont devenues des terrains de propagande de certains partis politiques où les jeunes sont tenus en otage , manipulés, distraits et oublient de s’atteler à leurs études qui sont leurs devoirs premiers , l’installation de la rébellion contre l’autorité parce que protégés par les responsables politiques ;
  • Nous regrettons la transmission des idées divisionnistes qui sèment un climat de méfiance dans la communauté, entraînant la prise des stupéfiants chez les jeunes et la délinquance au lieu de s’atteler aux travaux de développement ;
  • Le pire de tout est l’absence de dialogue dans la famille et dans la communauté, pilier des valeurs fondamentales comme la dignité, le courage, la solidarité dans la joie et les moments difficiles, valeurs qui ont caractérisé le Burundi de nos ancêtres ;
  • Nous dénonçons les cas de violation flagrante des droits de l’homme en général et surtout les violences faites aux femmes qui s’amplifient sans cesse, dans la communauté et dans le pays ;

Sur le plan politique

  • La période pré-électorale désoriente la population burundaise : certains ne vaquent plus à leurs occupations quotidiennes, d’autres vivent dans la peur panique et ont perdu tout espoir du lendemain. Certains entrepreneurs travaillent à perte parce qu’on les oblige de s’associer avec ceux qui n’ont pas participé dans le montage du projet ou sont persécutés. Ainsi, la richesse est entre les mains d’une poignée de gens, ce qui entraîne la paupérisation de la population en général et les femmes en particulier ;
  • Pendant cette période électorale, des messages incendiaires et divisionnistes sont propagés et risquent de semer la zizanie entre les citoyens ;
  • Les partis se sont divisés au profit des intérêts de certains et ceci entrave la cohabitation pacifique et le pouvoir manque la bonne volonté pour leur réunification ;
  • Les mouvements de jeunesse affiliés aux partis politiques ne savent plus à quel saint se vouer : ils tuent, sèment la peur auprès de ceux avec qui ils ne partagent pas les idées, jouent le rôle de policier alors que cela ne rentre pas dans leur mission.
  • Nous rappelons aux femmes des partis politiques et des organisations de la société civile de jouer leur rôle de mère, de conseillère et surtout de défendre la cause de la paix au moment où notre pays risque de sombrer dans la dérive. Qu’elles sachent que le pays n’a pas de prix.

Sur le plan économique

La population s’appauvrissent de plus en plus dont les causes principales sont l’incendie dans des circonstances floues des marchés à travers presque tout le pays. Les petits et moyens entrepreneurs ont vu leurs biens partir en fumée sans aucun espoir de se rétablir. Aucune enquête n’a abouti pour identifier les coupables. Plusieurs familles vivent dans la désolation totale et les femmes qui exercent le commerce ambulant pour leur survie sont traquées par les agents de l’ordre.

Vu toutes ces raisons, et d’autres passées sous silence, les organisations féminines, les Burundais et les Burundaises qui sont épris de paix,

Comme parents, mères, comme des personnes qui ont connu les moments qui ont endeuillé, comme des gens qui observent amèrement le déclin du pays ;

Considérant que la population vit dans la peur panique, comme des gens qui doivent donner la vie et la protéger, nous nous levons pour exprimer les préoccupations qui nous tiennent à cœur :

  • Nous disons non à la guerre ;
  • Nous refusons toute forme d’esclavage dans un pays indépendant et démocratique ;
  • Nous dénonçons l’égocentrisme dans la gestion de la richesse du pays ;
  • Nous refusons les divisions d’où qu’elles viennent. Nous sommes des citoyens à part entière qui devons jouir des mêmes droits.

Nous les femmes, nous recommandons :

Au Président de la République :

1) Adresser un message de paix à la population  et s’exprimer surtout sur la question relative aux massacres des trois sœurs de la communauté Guido Maria Comforti de Kamenge ;

2) Veiller aux intérêts supérieurs de la nation en réprimant de façon exemplaire toutes les personnes citées dans les crimes commis au cours des deux mandats ;

3) Responsabiliser le Ministère des Droits de la personne humaine et de la justice de réprimer, prévenir les violences par l’éducation au respect des droits humains pour le changement social ;

4) Eclairer l’opinion nationale et internationale sur le troisième mandat du président de la République et d’éviter le pire au cas où les voix s’élèvent contre ;

5) Sauvegarder les intérêts économiques des Burundais en évitant la cession du marché central de Bujumbura ;

-Aux formations politiques :

1) De favoriser la réunification et le dialogue au sein des partis fragmentés afin de mettre en avant les intérêts généraux des Burundais ;

2) Promouvoir des projets de société visant la paix durable, la démocratie, le développement équitable ;

3) Etablir des listes où les femmes occupent les positions utiles vu leur électorat considérable ;

4) Prévenir les violences et la guerre et promouvoir le déroulement des élections inclusives et paisibles.

– Aux églises :

1) Poursuivre leur rôle de médiation et de moralisation de la société à tous les niveaux ;

– Aux organisations de la société civile :

1) Travailler dans la transparence en privilégiant l’intérêt général et l’impartialité ;

3) Renforcer les synergies pour prévenir les conflits liés aux élections ;

– Aux journalistes :

1) Porter loin la voix des sans voix.

2) Assurer le monitoring des violences faites aux femmes pendant cette période électorale.

– Au peuple burundais :

1) Se lever comme un seul homme, sauvegarder la paix et la sécurité, parce que c’est le pilier du développement ;

2) Eviter les manipulations divisionnistes qui conduisent à la désolation ;

3) Avoir à cœur que nous sommes appelés à construire un pays où règne la paix et le respect des droits de l’homme ;

4) Se rappeler que la vie continue pendant la période électorale et qu’on doit vaquer aux activités de tous les jours ;

-A l’opinion internationale et aux amis du Burundi :

1) Soutenir les Burundais dans le développement ;

2) Avoir à cœur que le Burundi a acquis son indépendance et se refuse à toute domination économique étrangère.

 

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