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Note de plaidoyer: pour un meilleur accès des femmes à la justice au Burundi

 Introduction

En dépit des efforts affichés par le Gouvernement Burundais en matière de renforcement d’accès à la justice et de promotion l’égalité de genre,  l’accès effectif à la justice demeure un processus complexe et peu transparent pour la majorité de la population, et en particulier pour les femmes. Le manque d’adaptation de certains mécanismes aux besoins réels de la population et le manque de connaissance du droit par cette dernière, aggravé par le ‘pluralisme juridique’ de la justice de proximité, entre droit moderne et droit coutumier, sont des facteurs de cette difficulté d’accès. Parmi les justiciables, les femmes rencontrent des difficultés plus grandes que les hommes pour faire valoir leurs droits et accéder à la justice au Burundi. En effet, la faible représentativité féminine au sein des institutions de proximité, des obstacles socioculturels fondés sur un modèle patriarcal de la société, l’absence de lois sur les successions, régimes matrimoniaux et libéralités et sur la prévention, protection des victimes et répressions des violences basées sur le genre, sont autant de facteurs expliquant les difficultés d’accès à la justice des femmes, notamment en matière de violences sexuelles et domestiques, de droits fonciers et de succession.

 

Partant de ces constats, fruit du travail de terrain de plusieurs dizaines d’années, RCN Justice & Démocratie (RCN J&D), l’Association Dushirehamwe et le Collectif des Associations et ONG Féminines du Burundi (CAFOB), dans le cadre du projet « Renforcement de la concertation et du plaidoyer pour l’amélioration de l’accès des femmes à la justice », financé par l’Union européenne, ont  réalisé plusieurs activités ayant pour but de porter les doléances des femmes en matière d’accès à la justice au sein des cadres de concertation et de plaider pour les droits des femmes aux niveaux local et national. Dans ce but,  des discussions avec la population de l’ensemble des communes des provinces de Mwaro, Muramvya et Bururi[1], ont été organisées afin de collecter les obstacles et besoins en matière d’accès à une justice transparente et efficace, en particulier pour les femmes. De mars à août 2015, 60 discussions communautaires ont été menées, réunissant au total 1.198 personnes dont 761 femmes et 437 hommes. Par la suite, plusieurs ateliers d’analyse des discussions communautaires et une table ronde avec les acteurs de la justice de proximité de Muramvya ont également été tenus sur la même thématique.  Au cours de ces discussions, ateliers d’analyses et table ronde, il a été relevé qu’il existe dans la législation et la gouvernance relatives à la justice au Burundi une certaine prise en compte du genre (1), qui en pratique fait face à de nombreux obstacles ne permettant pas un accès effectif à la justice pour les femmes (2). Plusieurs pistes de solutions ont ainsi été proposées (3) ainsi que des recommandations concrètes aux différents acteurs nationaux et locaux (4).

 

1- La prise en compte de la dimension “genre” dans la législation et la gouvernance relatives à la justice au Burundi

 

La Politique Nationale Genre met en évidence certaines difficultés particulières au secteur de la justice, et notamment : une faible représentation des femmes aux postes de responsabilité dans les instances judiciaires, une négligence des questions touchant à la sécurité et à la citoyenneté des femmes, la banalisation des cas des violences infligées aux femmes[2].

 

1-1- Les mécanismes institutionnels prenant en considération la dimension « genre »

 

Pour répondre efficacement à ces défis, une série de mécanismes institutionnels a été mis en place. En effet, une Commission Nationale Genre, regroupant la première Vice-présidence de la République, les Ministères en charge du genre, de la santé, de la sécurité et de la justice, a été prévue dans la Politique Nationale Genre 2012-2025, afin de veiller au respect des principes d’équité et d’égalité des genres d’une part et de contrôler l’application des textes législatifs et réglementaires en relation avec les conventions internationales en la matière[3]. De même, un organe étatique consultatif, appelé Forum National des Femmes (FNF), disposant de membres au niveau national, provincial, communal et collinaire, a été institué en 2012, afin de coordonner les actions de l’ensemble des intervenants dans le domaine de la promotion et la défense des droits des femmes, collecter les besoins et alimenter les débats politiques[4].  En outre, des Centres de Développement Familial et Communautaire(CDFC) ont été mis en place, comme entités déconcentrées du Ministère des droits de la personne humaine, des affaires sociales et du genre dont les missions multiples comprennent une dimension spécifique à la promotion de la femme, l’égalité des genres et aux violences basées sur le genre (VBG)[5]. Au sein du Ministère de la justice, une cellule VBG a également été créée afin de veiller à la prise en compte de ces questions dans le traitement des dossiers par le système judiciaire et de valoriser les bonnes pratiques. Egalement, un effort pour renforcer l’équilibre hommes/femmes pour la fonction de magistrats des juridictions supérieures s’est fait ressentir dans le recrutement des deux dernières années. Enfin, dans le domaine pénal, prenant en compte la  vulnérabilité accrue des femmes et des mineurs en milieux de détention, une attention particulière a été portée à la poursuite et la répression des violences basées sur le genre. Un effort similaire a également été réalisé pour les conditions de détention de ces catégories. En effet, les procédures relatives aux mineurs et aux victimes des violences basées sur le genre sont instruites par des sections spécialisées des parquets et par des chambres spécialisées des tribunaux de grande instance et des cours d’appel. Dans cette optique, 85 magistrats ont été nommés points focaux VBG et protection des mineurs dans les tribunaux de grande instance et parquets avec pour mission principale de suivre quotidiennement et de traiter en priorité des dossiers relatifs aux VBG et mineurs[6].

 

1-2- Un effort de législation plus sensible au genre

 

D’autres textes de lois sont venus s’ajouter à cet élan institutionnel. Il s’agit notamment du code de procédure pénale qui marque sa différence au précédent en interdisant la mise sous garde à vue des femmes enceintes de plus de six mois ou allaitantes de moins de six mois. D’autres textes, bien qu’embryonnaires, sont à l’état d’avant-projet ou de projet de lois. C’est le cas du projet de loi portant prévention, protection des victimes et répressions des violences basées sur le genre ainsi que le projet de loi sur les successions, les régimes matrimoniaux et les libéralités. La question genre a été également évoquée dans la politique sectorielle 2016-2020 du Ministère de la Justice, dans l’axe 3, résultat 4. Afin d’atteindre ce résultat, quelques activités sont prévues, telles que le traitement des dossiers des VBG avec priorité et célérité, le renforcement des capacités des magistrats et agents de l’ordre judiciaire sur la thématique, l’établissement d’une base de données statistiques judiciaires sur les VBG,  et la promotion des modes de preuves scientifiques en matière des VBG. Il s’agit d’une intention du Ministère de la justice pour favoriser une répression efficace qu’il convient de saluer et appuyer pour sa concrétisation.

 

Tout en félicitant ces efforts, les témoignages et échanges recueillis dans le cadre des discussions communautaires, ateliers d’analyses et table ronde mis en œuvre par RCN J&D, Dushirehamwe et CAFOB, montrent que de nombreux obstacles demeurent en matière d’accès à la justice au Burundi, en particulier pour les femmes.

 

 

 

2- Les obstacles d’accès à la justice au Burundi, en particulier pour les femmes

 

Notons tout d’abord, qu’au cours des discussions communautaires, il est ressorti que les types de conflits les plus répandus dans ces trois provinces sont les violences domestiques[7] avec 36.9% des cas, les conflits fonciers avec 12.5% des cas, les conflits relatifs à la filiation dans 11.6% des cas et enfin les violences sexuelles dans 9.5% des cas.  Sur l’ensemble des conflits reportés, dans seulement 39% des cas la justice avait été saisie. Les principaux obstacles d’accès à la justice mentionnés par les justiciables et les acteurs de la justice de proximité proviennent à la fois de facteurs propres à l’offre mais également à la demande de justice.

 

                2.1- Les obstacles au niveau de l’offre de justice

 

Bien que le Gouvernement Burundais ait mis en place une Politique Nationale Genre, il est intéressant de noter qu’en pratique les structures souffrent d’une réelle effectivité. Au niveau central tout d’abord, la Commission Nationale Genre, censée regroupée la première Vice-présidence et les Ministères clés en charge de la question genre, semble inexistante en pratique. Un représentant du ministère de la Justice, affirme ne pas avoir été invité à participer à une telle commission.

 

En outre, au cours de la table ronde réalisée à Muramvya, les Officiers de Police Judicaire (OPJ) et magistrats ont souligné le fait qu’ils ne sont pas en nombre suffisant pour assurer leurs fonctions. Ce constat est corroboré par le rapport d’Impunity Watch[8] de juillet 2014, selon lequel 65.5% des OPJ estiment que leur nombre est insuffisant et qu’ils sont par ailleurs peu formés sur les VBG. De même, au niveau des TGI et des parquets, 76% des juges estiment que les moyens humains sont insuffisants pour un traitement efficace des dossiers. Au cours des discussions communautaires, les femmes interrogées estiment que le nombre de femmes au sein du système judiciaire n’est pas suffisant et que le personnel n’est pas assez sensibilisé aux questions de genre, ceci constituant également un frein dans le traitement de leurs dossiers. Il faut toutefois saluer le recrutement sur concours des nouveaux magistrats qui a permis l’entrée de 30% de femmes dans les juridictions supérieures.

 

Enfin, la plus grande difficulté relève surtout du manque de moyens financiers et matériels. En effet, les CDFC et le FNF, dont les rôles pourraient être clés au niveau local mais également central pour la promotion et la défense des droits des femmes, ont souligné qu’ils souffraient d’un manque de soutien financier, ne leur permettant pas de se déplacer comme ils le devraient ni de réunir les différents acteurs. Un membre du FNF a affirmé la chose suivante:

 

« Le niveau central ne nous réclame aucun rapport, car il sait qu’on ne peut rien faire »

 

De même, le manque de local spécifique pour les victimes de VBG, la présence irrégulière du  Ministère Public dans les Tribunaux de résidence, ou encore le manque de moyens de transport des OPJ et des officiers du Ministère Public (OMP) pour réaliser des descentes de constat (dossiers pénaux) ou pour prêter mains fortes à l’exécution des décisions de justice (mesures provisoires en matière civile) sont autant d’obstacles au traitement efficace des dossiers, en particulier ceux spécifiques aux femmes.

 

Finalement, cette volonté politique affichée de promouvoir le genre est, en pratique, loin de satisfaire les besoins en la matière. Ceci est notamment illustré par le fait que le budget alloué à la « Promotion de l’égalité des genres » dans le Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (CSLP II) ne représentait qu’entre 0.04% et 0.13% sur la période 2011-2015[9].

 

2.2- Les obstacles au niveau de la demande de justice

 

L’ignorance de loi ou de la complexité de la procédure (25.9% des cas) et la peur (18.6% des cas) sont ressorties comme les deux obstacles majoritairement problématiques pour accéder à la justice selon les personnes interrogées lors des discussions. En effet, les justiciables ignorent très souvent la loi, les procédures et le coût des frais de justice, ce qui les décourage à engager une action en justice ou les rend vulnérables à des abus. Le deuxième obstacle relevé, plus spécifique aux femmes, relève de facteurs socioculturels: les femmes ont souvent peur d’aller porter plainte par crainte d’être accueillies avec préjugés ou d’être stigmatisées au sein de la communauté. Elles ont aussi parfois un sentiment de honte ou considèrent que le bourreau est dans ses droits et qu’elles n’ont pas à réclamer justice. Les témoignages[10] suivants, collectés lors des discussions communautaires illustrent bien le problème mentionné:

« Si mon mari veut me répudier, il a le droit de le faire »

« Certaines femmes pensent que leurs maris peuvent les battre du moment qu’ils ont versé la dot« .

 

En outre, le recours à la justice nécessite le paiement de frais de consignation, honoraires des avocats, frais de ses déplacements et des témoins, etc. L’ensemble de ces coûts représentent d’autant plus un obstacle économique pour les victimes les plus démunies, alors même que le système d’aide légale du pouvoir public au Burundi n’est pas encore opérationnel.  Les femmes qui souffrent souvent du manque d’indépendance économique, sont ainsi davantage limitées pour recourir à la justice.

 

Enfin, le dernier des principaux obstacles relevés au cours des discussions relève du manque de confiance des justiciables envers le système judiciaire, notamment en raison de la corruption. Une femme a témoigné de la façon suivante au cours des discussions:

 

 » Nous sommes convaincues qu’on ne peut pas gagner un procès sans donner de pot de vin ».

 

Ainsi face à ces nombreux obstacles, les femmes sont souvent intimidées, apeurées, découragées de  porter plainte et préfèrent, dans la plupart des cas, taire leurs problèmes. Lorsqu’elles saisissent la justice, elles font souvent face à des institutions souffrant de moyens financiers, matériels et humains suffisants et peu sensibles à leurs problèmes, ne permettant que rarement d’assurer un traitement efficace de leurs dossiers.

 

3- Les pistes de solutions pour renforcer l’accès à la justice des femmes au Burundi

 

Les participants aux discussions communautaires, aux ateliers provinciaux d’analyse des résultats des discussions communautaires et à une table ronde ont eu la possibilité de suggérer plusieurs pistes de solutions intéressantes qui ont été regroupées en sept catégories, à savoir:

  • le renforcement de la formation des acteurs judiciaires en particulier sur les questions de genre
  • un soutien financier et matériel accru aux différents acteurs de la justice et aux questions de genre
  • une meilleure coordination des acteurs de la justice de proximité
  • le renforcement de l’information, la diffusion et la vulgarisation de l’information juridique et judiciaire aux justiciables, en particulier les femmes
  • l’accès à l’assistance juridique et judiciaire en vue de permettre à la catégorie de justiciables aux revenus trop modestes notamment les femmes d’avoir effectivement accès à la justice
  • l’entreprise d’actions visant à l’autonomisation des femmes
  • le développement de cadres d’échanges pour les femmes

 

4- Recommandations

 

Au Ministère de la Justice

 

  • Plaider pour l’augmentation du budget alloué au Ministère notamment en priorisant le volet promotion et protection du genre
  • Organiser des sessions de formations et de sensibilisation sur le genre pour l’ensemble des acteurs judiciaires
  • Renforcer le nombre de points focaux « VBG et protection des mineurs » dans les Tribunaux de grande instance et les Parquets, assurer la formation des nouveaux nommés ainsi que la stabilité à leur fonction
  • Désigner et former les juges des Tribunaux de résidence, les secrétaires de Parquet, greffiers et OPJ en charge des dossiers relatifs aux VBG sur ces questions
  • Assurer l’équilibre genre dans les postes de responsabilités (Présidents de juridictions, Procureurs)
  • Initier le recrutement sur concours et dans le respect de l’équilibre genre du personnel judiciaire y compris dans les Tribunaux de résidence
  • Mettre à la disposition des services judiciaires (centraux et périphériques) les moyens suffisants pour protéger et promouvoir les droits des femmes
  • Opérationnaliser le système d’aide légale
  • Contribuer à l’effectivité de la commission nationale genre, en s’assurant qu’elle se réunisse et que les participants soient représentatifs de leurs ministères
  • Renforcer le contrôle hiérarchique et prendre les mesures disciplinaires dans le cas avérés de corruption
  • Sensibiliser les acteurs judiciaires sur la déontologie de leurs fonctions
  • Opérationnaliser les comités locaux de justice dans l’ensemble de Tribunaux de résidence en charge de contrôler la gestion des finances au sein du tribunal

Au Ministère des droits de la personne humaine, des affaires sociales et du genre

 

  • Renforcer l’effectivité des CDFC et du FNF sur tout le territoire et leur donner les moyens nécessaires pour accomplir leurs missions
  • Opérationnaliser la Commission Nationale Genre

 

A la Commission Justice et Droits de l’homme de l’Assemblée Nationale

 

  • Adopter une loi sur les successions, les régimes matrimoniaux et libéralités sensible au genre
  • Plaider pour l’augmentation du budget alloué aux cours et tribunaux, notamment afin de renforcer les moyens humains, d’assurer les moyens de déplacements nécessaires au traitement des dossiers, de permettre la mise en place de locaux spécifiques aux victimes de VBG, d’acquérir le matériel de bureau nécessaire à son bon fonctionnement, etc.

 

A la Commission permanente chargée des questions institutionnelles, juridiques et des droits et libertés fondamentales du sénat 

 

  • Mettre un terme à l’impunité des pratiques traditionnelles constitutives de VBG, à travers le vote du projet de loi portant prévention, protection des victimes et répressions des violences basées sur le genre
  • Adopter une loi sur les successions, les régimes matrimoniaux et libéralités sensible au genre

Aux Gouverneurs provinciaux et Administrateurs communaux

 

  • Organiser des rencontres régulières avec la population (hommes et femmes) pour mener un débat sur les différents conflits rencontrés dans leurs communautés, afin de trouver ensemble les solutions adéquates, gérées par les CDFC
  • Organiser des campagnes de sensibilisation dans les communautés sur les droits de la femme, gérées par les CDFC
  • Organiser des séances d’information aux fiancés sur le code des personnes et de la famille avant le mariage (période entre la publication des bans et le mariage), gérées par les CDFC
  • Mettre en place des comités multidisciplinaires d’alerte et d’échanges sur les violations des droits des femmes au niveau des collines et des communes, coordonnés par les CDFC

Aux professionnels de la justice

 

  • Veiller à l’amélioration de l’accueil des justiciables et en particulier des femmes par les greffes et secrétariats des tribunaux et parquets
  • Mettre à disposition des locaux appropriés pour l’accueil des victimes de VBG et insister pour une réception des plaintes avec une méthodologie adaptée
  • Sensibiliser le personnel sur les questions de genre en organisant des rencontres régulières avec les organisations de la société civile agissant sur ces thématiques
  • Mettre à l’ordre du jour des réunions de service, des discussions visant à améliorer la prise en compte des VBG et de la question de genre dans le traitement des justiciables

Aux organisations de la société civile

 

  • Mener davantage de séances de sensibilisation sur les droits et devoirs de la population dans les milieux ruraux
  • Renforcer l’accueil et l’accompagnement des victimes
  • Sensibiliser et accompagner les femmes à leur autonomisation
  • Travailler en synergie avec l’ensemble des acteurs institutionnels pour échanger et alerter les services compétents sur les droits des femmes.
  • Accompagner l’opérationnalisation de la politique sectorielle du Ministère de la Justice notamment sur le résultat 4 de l’axe 3 réservé au renforcement de la lutte contre les VBG.

 

 

 

[1] Incluant les anciennes communes de Bururi qui sont maintenant dans la province de Rumonge, à savoir les communes de Buyengero, Burambi et Rumonge

[2] Politique sectorielle du ministère de la Justice 2011-2015, p9

[3] Politique nationale genre 2012-2025, p34

[4] Décret n°100/ 306 du 21 novembre 2012 portant création, missions, organisation et fonctionnement du forum national des femmes au Burundi

[5] Décret n° 100/ 325 du 17 décembre 2012 portant création, structure, missions et fonctionnement des centres de développement familial et communautaire (cdfc) au ministère de la solidarité nationale, des droits de la personne humaine et du genre

[6] Ord.min n°550/1696 du 21 décembre 2009 portant nomination des points focaux justice pour mineur et violences basées sur le genre au sein des tribunaux de grande instance et parquets

[7] Violences physiques, psychologiques ou économiques ayant lieu au sein du ménage

[8] http://www.impunitywatch.org/docs/IW_Rapport_Final_Violence_basees_sur_le_genre_au_B1.pdf: La prise en compte des violences basées sur le genre au Burundi: Analyse des perceptions et obstacles Juillet 2014, p37

 

[9] http://www.impunitywatch.org/docs/IW_Rapport_Final_Violence_basees_sur_le_genre_au_B1.pdf: La prise en compte des violences basées sur le genre au Burundi: Analyse des perceptions et obstacles Juillet 2014, p14

[10] Témoignages gardés anonymes

Renforcement de capacité des animateurs de Dushirehamwe sur les techniques de vulgarisation de Droit

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Dans le cadre du projet ‘’Pour une justice de proximité renforcée’’, l’Association Dushirehamwe en partenariat avec RCN Justice et Démocratie, AJCB et CAFOB a organisé une activité de formation des animateurs en Droit et techniques de vulgarisation du droit.

Les animateurs ont été formés sur trois thématiques à savoir :

  • les acteurs de la justice de proximité et leurs compétences
  • la répression des violences basées sur le genre au Burundi: autorités compétentes, procédures, peines
  • le Droit de la famille

Ce sont ces trois thématiques qui vont être vulgarisées par les animateurs auprès des justiciables des communes des provinces de Muramvya, Bururi et Mwaro, à l’aide des outils de vulgarisation adaptés au groupe cible tels que les boites à images.

Les animateurs, participants à la formation ont jugé utile l’initiative de Dushirehamwe et ses partenaires d’avoir pensé à cette activité combien nécessaire et importante, d’autant plus que les justiciables en général et les femmes en particulier rencontrent des défis pour accéder à la justice à cause de la méconnaissance du droit .Donc, ces animateurs ont témoigné avoir obtenu des connaissances sur les acteurs de la justice de proximité et les limites de leurs compétences, les autorités à saisir en cas de VBG et les procédures prévues par la loi ainsi que la répression, et les règles relatives au droit de la famille. Ces derniers vont à leur tour les vulgariser auprès de ces justiciables qui trouvent du mal à connaitre quels acteurs qu’il faut saisir, qui est compétent pour telle affaire.

Apport des femmes médiatrices dans la consolidation de la paix

Mediatrices

Les femmes ont un rôle primordial à jouer dans la prévention et la résolution des conflits communautaires et dans le renforcement de la cohésion sociale. Premières victimes des conflits, elles sont aussi artisanes de la paix. Les bonnes pratiques et leçons apprises en matière de maintien de la paix démontrent qu’en situation de tensions politiques et sociales, les femmes en tant que groupe peuvent davantage agir de façon neutre, pour faire avancer l’intérêt général et la paix. Elles disposent par ailleurs d’un pouvoir fort de mobilisation, d’organisation, de médiation et de rapprochement. C’est ainsi qu’elles sont souvent sollicités dans la gestion des conflits de différentes sortes : conflits domestiques, fonciers, conflits d’intérêt et les conflits politiques.

En vue d’encourager ces bonnes œuvres, les responsables de l’Association DUSHIREHAMWE s’accordent du temps pour passer des messages, des conseils aux médiatrices sans oublier les rencontres de plaidoyer auprès des autorités administratives, de sécurité et des démembrement de la CENI.

La célébration de la Journée International de la Femme 2015

defile

En date du 26 Mars à Giheta en Province Gitega s’est déroulée la célébration du Journée International de Femme au Burundi. Sous le haut patronage de son Excellence la Première Dame Madame Denise NKURUNZIZA et le Représentant de l’ONUFEMMES au Burundi, les cérémonies ont commencé à 11h avec un défilé des femmes de différentes fonctions du pays, des différents ministères et des associations. Le mot d’accueil a été prononcé par le Gouverneur de la Province Gitega pour souhaiter le bienvenu aux différents invités et souhaiter une bonne fête à toutes les femmes. Dans son allocution, le Gouverneur a prononcé que le développement de la femme sera possible quand il y a une paix durable du aux élections équitables et paisibles. Il a remercié les différents centres dont Centre Humura de Gitega, le centre d’écoute de Giheta et CDFC qui, dans  leur travail quotidien n’est qu’aider la femme dans sa vie de tout les jours et de lutter contre les VSBG.

La Représentante Légale du Forum des femmes Madame Janvière a remercie le Gouvernement dans son allocution lui qui ne cesse pas de rappeler dans ses projets que la femme est une personne très importante dans la famille et dans la société.

Jérémie DELAGE Représentant de l’ONUFEMMES a commencé a remercié la première Dame, les différents ministres qui étaient présents et ses collègues. Il a salué le pas franchi pour le travail sans faille en l’égalité du genre au Burundi. Autonomisation de la femme, autonomisation de l’humanité, imaginez qui est le thème mondiale invite à réfléchir primordialement sur l’importance de la femme dans la société et surtout son développement dans l’économie de la famille. La célébration de la Journée International est spéciale surtout au Burundi du fait qu’on est dans la période des préparations des élections de 2015 car les femmes manquent souvent d’attention sur ce qui se passe au Burundi. Il faut qu’elles s’engagent elles aussi pour qu’il y ait des élections paisibles car ça nous engage nous tous. Il a terminé son discours en lançant un appel aux hommes de se lever pour soutenir les femmes, lutter contre les violences basées sur le genre pour le respect de la femme. Il faut le faire aujourd’hui car demain sera trop tard.

Son Excellence Madame Denise NKURUNZIZA la première dame a insisté sur l’importance de cette journée qui était d’évaluer ce qui est fait en faveur du développement de la femme et les obstacles rencontrés. L’objectif du thème est de faire un appel pour maintenir la paix et la sécurité et surtout prioriser la valeur de la femme dans son développement car la femme rencontre tant d’obstacles qui l’empêche à se développer. Elle a conclu son discours en incitant les femmes élire et se faire élire pour montrer qu’elles sont capables elles aussi. Les hommes doivent comprendre que les places des femmes ne sont pas toujours à la maison mais aussi dans les instances de prises de décisions car c’est leur droit. Après son discours elle a procédé à la remise des prix  des dix femmes qui ont bien travaillé pour l’an 2014.

Rencontre des intervenants du Projet PLUVIF

goreth

« Chacun dans son domaine a le rôle à jouer contre les VBG, et en faveur des victimes». Telles ont été des propos de madame Goreth TWAGIRAYEZU, Conseillère pays Burundi de la CECI lors d’une rencontre des représentants des intervenants qui travaillent dans le cadre du projet PLUVIF qui a eu lieu dans la province de Gitega.

En effet, après les discours d’ouverture et de circonstance qui étaient centré beaucoup plus sur le rôle de tout à chacun dans la lutte contre les VBG selon son domaine d’intervention(santé, justice, APS et police), il a été l’occasion d’exercer les travaux en groupe. Sous la facilitation d’une modératrice, Mélanie de Réseau Femme et Paix, les groupes étaient au nombre de quatre à savoir celui de ceux qui travaillent dans le domaine de santé, la justice, la police et ceux des Assistants Psychosociaux des victimes. Les composants des groupes avaient comme mission de dégager l’état des lieux dans son domaine, les obstacles rencontrés au cours de leurs travaux quotidien en matière de lutte contre les VBG, les actions à mener ainsi que les recommandations pour la pérennisation du projet PLUVIF car aujourd’hui il atteint sa cinquième année d’exercice.

Comme a été présenté pendant le plénière, malgré qu’il y a des avancés, le constant a été que les VBG est toujours une réalité au Burundi. Dans le domaine de la sante on a enregistre 344 cas des violences dans les trois zones, 217 cas dans le domaine de police 179 et 1026 pour les APS.

Pour toutes les localités la plupart des obstacles que les intervenants rencontrent sont les centres d’accueil des victimes qui sont à une distance éloigné des centre de Santé (un centre d’accueil des victimes sur une commune est insuffisant à voir son étendu), certains médicaments qui sont indisponible dans les pharmacies de la localité ainsi que certains Agents de la commune qui ne comprennent pas le rôle APS.

De cela les intervenants présents ont recommandé qu’il y ait l’appui financier surtout pour faire les expertises médicales et l’achat des médicaments assez cher pour les victimes indigents, multiplier les centres d’accueils des victimes surtout prêt des centre de santé, Disponibiliser les frais de communication pour les intervenants et plaider pour la promulgation de la loi successorale.

Goreth TWAGIRAYEZU ne nie pas que les obstacles évoqués ci-haut engendrent des effets négatifs sur le sauvetage des victimes, mais, selon elle, chacun dans son domaine, l’important est de travailler en respectant la déontologie professionnelle.  » En attendant que le moyen le permet Il faut traiter avec humanité les victimes de violence qui s’adressent à vous ».A-t-elle ajouté.

De leurs côté, les intervenants ont promis de doubler les efforts et de travailler en synergie afin de contribuer dans la lutte contre les VBG.

DÉCLARATION DES FEMMES SUR LA PÉRIODE PRE-ÉLECTORALE

Femmes

Nous, parents et éducatrices, qui suivons de près la situation du pays, sommes inquiètes et pour des raisons suivantes :

Sur le plan social :

  • Nous sommes préoccupées par la détérioration de l’éducation dans les écoles, caractérisée souvent par la débauche, parfois entretenue par certains éducateurs sans foi ni loi, des actes qui passent sous silence alors qu’ils devraient être réprimés ;
  • Nous déplorons la situation de certaines écoles qui sont devenues des terrains de propagande de certains partis politiques où les jeunes sont tenus en otage , manipulés, distraits et oublient de s’atteler à leurs études qui sont leurs devoirs premiers , l’installation de la rébellion contre l’autorité parce que protégés par les responsables politiques ;
  • Nous regrettons la transmission des idées divisionnistes qui sèment un climat de méfiance dans la communauté, entraînant la prise des stupéfiants chez les jeunes et la délinquance au lieu de s’atteler aux travaux de développement ;
  • Le pire de tout est l’absence de dialogue dans la famille et dans la communauté, pilier des valeurs fondamentales comme la dignité, le courage, la solidarité dans la joie et les moments difficiles, valeurs qui ont caractérisé le Burundi de nos ancêtres ;
  • Nous dénonçons les cas de violation flagrante des droits de l’homme en général et surtout les violences faites aux femmes qui s’amplifient sans cesse, dans la communauté et dans le pays ;

Sur le plan politique

  • La période pré-électorale désoriente la population burundaise : certains ne vaquent plus à leurs occupations quotidiennes, d’autres vivent dans la peur panique et ont perdu tout espoir du lendemain. Certains entrepreneurs travaillent à perte parce qu’on les oblige de s’associer avec ceux qui n’ont pas participé dans le montage du projet ou sont persécutés. Ainsi, la richesse est entre les mains d’une poignée de gens, ce qui entraîne la paupérisation de la population en général et les femmes en particulier ;
  • Pendant cette période électorale, des messages incendiaires et divisionnistes sont propagés et risquent de semer la zizanie entre les citoyens ;
  • Les partis se sont divisés au profit des intérêts de certains et ceci entrave la cohabitation pacifique et le pouvoir manque la bonne volonté pour leur réunification ;
  • Les mouvements de jeunesse affiliés aux partis politiques ne savent plus à quel saint se vouer : ils tuent, sèment la peur auprès de ceux avec qui ils ne partagent pas les idées, jouent le rôle de policier alors que cela ne rentre pas dans leur mission.
  • Nous rappelons aux femmes des partis politiques et des organisations de la société civile de jouer leur rôle de mère, de conseillère et surtout de défendre la cause de la paix au moment où notre pays risque de sombrer dans la dérive. Qu’elles sachent que le pays n’a pas de prix.

Sur le plan économique

La population s’appauvrissent de plus en plus dont les causes principales sont l’incendie dans des circonstances floues des marchés à travers presque tout le pays. Les petits et moyens entrepreneurs ont vu leurs biens partir en fumée sans aucun espoir de se rétablir. Aucune enquête n’a abouti pour identifier les coupables. Plusieurs familles vivent dans la désolation totale et les femmes qui exercent le commerce ambulant pour leur survie sont traquées par les agents de l’ordre.

Vu toutes ces raisons, et d’autres passées sous silence, les organisations féminines, les Burundais et les Burundaises qui sont épris de paix,

Comme parents, mères, comme des personnes qui ont connu les moments qui ont endeuillé, comme des gens qui observent amèrement le déclin du pays ;

Considérant que la population vit dans la peur panique, comme des gens qui doivent donner la vie et la protéger, nous nous levons pour exprimer les préoccupations qui nous tiennent à cœur :

  • Nous disons non à la guerre ;
  • Nous refusons toute forme d’esclavage dans un pays indépendant et démocratique ;
  • Nous dénonçons l’égocentrisme dans la gestion de la richesse du pays ;
  • Nous refusons les divisions d’où qu’elles viennent. Nous sommes des citoyens à part entière qui devons jouir des mêmes droits.

Nous les femmes, nous recommandons :

Au Président de la République :

1) Adresser un message de paix à la population  et s’exprimer surtout sur la question relative aux massacres des trois sœurs de la communauté Guido Maria Comforti de Kamenge ;

2) Veiller aux intérêts supérieurs de la nation en réprimant de façon exemplaire toutes les personnes citées dans les crimes commis au cours des deux mandats ;

3) Responsabiliser le Ministère des Droits de la personne humaine et de la justice de réprimer, prévenir les violences par l’éducation au respect des droits humains pour le changement social ;

4) Eclairer l’opinion nationale et internationale sur le troisième mandat du président de la République et d’éviter le pire au cas où les voix s’élèvent contre ;

5) Sauvegarder les intérêts économiques des Burundais en évitant la cession du marché central de Bujumbura ;

-Aux formations politiques :

1) De favoriser la réunification et le dialogue au sein des partis fragmentés afin de mettre en avant les intérêts généraux des Burundais ;

2) Promouvoir des projets de société visant la paix durable, la démocratie, le développement équitable ;

3) Etablir des listes où les femmes occupent les positions utiles vu leur électorat considérable ;

4) Prévenir les violences et la guerre et promouvoir le déroulement des élections inclusives et paisibles.

– Aux églises :

1) Poursuivre leur rôle de médiation et de moralisation de la société à tous les niveaux ;

– Aux organisations de la société civile :

1) Travailler dans la transparence en privilégiant l’intérêt général et l’impartialité ;

3) Renforcer les synergies pour prévenir les conflits liés aux élections ;

– Aux journalistes :

1) Porter loin la voix des sans voix.

2) Assurer le monitoring des violences faites aux femmes pendant cette période électorale.

– Au peuple burundais :

1) Se lever comme un seul homme, sauvegarder la paix et la sécurité, parce que c’est le pilier du développement ;

2) Eviter les manipulations divisionnistes qui conduisent à la désolation ;

3) Avoir à cœur que nous sommes appelés à construire un pays où règne la paix et le respect des droits de l’homme ;

4) Se rappeler que la vie continue pendant la période électorale et qu’on doit vaquer aux activités de tous les jours ;

-A l’opinion internationale et aux amis du Burundi :

1) Soutenir les Burundais dans le développement ;

2) Avoir à cœur que le Burundi a acquis son indépendance et se refuse à toute domination économique étrangère.

 

Visite des membres de l’Association DUSHIREHAMWE au journaliste Bob RUGURIKA

therese

Les membres de l’Association Dushirehamwe et le personnel de la Radio Ijwi ry’Umukenyezi de Giheta, ont rendu visite au Directeur de la RPA Bob RUGURIKA ce vendredi le 13 Février 2015 incarcéré dans la prison de MURAMVYA.

Cette délégation avait un message d’encouragement et de soutien moral. D’après la Représentante légale : «  Bob n’a fait que son métier ». La justice devrait ainsi le libérer immédiatement. Des enquêtes objectives, indépendantes et crédibles devraient être enclenchées en empruntant toutes les pistes y compris celles qui ont été révélées par la RPA pour trouver et sanctionner les vrais coupables du crime ignoble de ce triple assassinat.